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Liban : les frappes israéliennes fragilisent encore le cessez-le-feu

Israël a mené de nouvelles frappes au Liban, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, malgré les efforts américains pour faire tenir une trêve entre Israël et le Liban. Entre tirs attribués au Hezbollah, ripostes israéliennes et refus du mouvement pro-iranien d’accepter le plan de cessez-le-feu, la désescalade paraît de plus en plus fragile.

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De la fumée s'élève après une frappe israélienne sur le village de Khiam, au sud du Liban, le 30 novembre 2024.
De la fumée s'élève après une frappe israélienne sur le village de Khiam, au sud du Liban, le 30 novembre 2024.AFP

Le cessez-le-feu au Liban reste suspendu à un fil. Dimanche, l’armée israélienne a frappé la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, affirmant viser un quartier général “terroriste”. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz ont présenté cette opération comme une réponse à des attaques récentes du Hezbollah contre le territoire israélien.  

Ces nouvelles frappes interviennent quelques jours seulement après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu négocié avec l’appui des États-Unis. Mais sur le terrain, la trêve peine à s’imposer. Selon l’Associated Press, Israël a mené des raids sur la banlieue sud de Beyrouth après des tirs attribués au Hezbollah vers le nord d’Israël, alors que les combats se poursuivent aussi dans le sud du Liban.  

Une trêve contestée dès le départ

Le principal obstacle reste politique et militaire. Le Hezbollah a rejeté le plan de cessez-le-feu conclu entre les gouvernements israélien et libanais sous médiation américaine. Le mouvement pro-iranien refuse notamment un accord qui l’obligerait à cesser totalement le feu et à évacuer ses combattants du secteur situé au sud du fleuve Litani. De son côté, Israël affirme qu’il poursuivra ses opérations tant que le Hezbollah représentera une menace à sa frontière nord.  

La tension s’est encore accrue samedi avec la mort de trois militaires libanais dans une frappe israélienne dans le sud du pays. Beyrouth a dénoncé une violation de sa souveraineté, tandis qu’Israël a affirmé avoir visé un véhicule jugé suspect dans une zone où une menace du Hezbollah était redoutée. L’armée israélienne a annoncé l’ouverture d’une enquête interne.  

Le Liban pris entre plusieurs rapports de force

Pour les autorités libanaises, l’enjeu est désormais de sauver ce qui peut encore l’être de la trêve. Mais la marge de manœuvre de Beyrouth reste limitée. Le gouvernement libanais peut négocier avec Israël et Washington, mais il ne contrôle pas totalement les décisions militaires du Hezbollah, qui conserve une forte autonomie dans le sud du pays.

La crise libanaise est aussi liée aux tensions plus larges entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Téhéran a fait d’un cessez-le-feu au Liban une condition importante dans toute discussion de désescalade avec Washington, tandis qu’Israël refuse de mettre fin à ses opérations sans garanties sur le Hezbollah.  

Dans ces conditions, chaque frappe risque de remettre en cause les efforts diplomatiques. Le cessez-le-feu existe encore comme objectif politique, mais il reste contesté sur le terrain par les deux logiques militaires qui s’affrontent : celle d’Israël, qui veut neutraliser le Hezbollah, et celle du mouvement pro-iranien, qui refuse de sortir affaibli du rapport de force.

Pour le Liban, le danger est clair : voir son territoire redevenir le principal théâtre d’un conflit régional qui le dépasse. Tant que les armes continueront de parler au sud du pays et jusque dans la banlieue de Beyrouth, la trêve restera davantage une promesse fragile qu’une réalité durable.