Corée du Sud : une pénurie de bulletins provoque des appels à refaire les élections locales
Des milliers de manifestants réclament un nouveau scrutin après des pénuries de bulletins de vote lors des élections locales en Corée du Sud. Le président Lee Jae-myung a demandé une enquête complète, tandis que le chef de la commission électorale a démissionné face à la polémique.

La Corée du Sud est secouée par une vive controverse électorale. Après les élections locales organisées cette semaine, des milliers de manifestants ont réclamé la reprise du scrutin, dénonçant une pénurie de bulletins de vote qui aurait empêché certains électeurs de participer normalement au vote.
Selon la Commission nationale électorale, 50 bureaux de vote sur 14 300 ont été touchés par des ruptures de bulletins, et le vote a été temporairement suspendu dans 22 bureaux le temps d’acheminer de nouveaux documents. L’incident a notamment provoqué des tensions à Séoul, en particulier dans l’arrondissement de Songpa, où des manifestants ont bloqué le transfert d’urnes vers le centre de dépouillement.
Le président demande une enquête
Face à l’ampleur de la polémique, le président Lee Jae-myung a demandé une enquête approfondie, avec l’implication de la police et du parquet. Il a également appelé le Parlement à établir les faits, à proposer des mesures pour éviter qu’un tel incident se reproduise et à discuter d’éventuelles réformes de la commission électorale.
La pression a déjà entraîné une première conséquence institutionnelle : Roh Tae-ak, président de la Commission nationale électorale, a présenté sa démission, reconnaissant un grave échec dans l’organisation du scrutin. Selon Reuters, la commission avait imprimé des bulletins pour environ 73 % des électeurs inscrits, en raison d’une participation anticipée jugée plus forte que prévu.
Une victoire du pouvoir ternie par la polémique
Sur le plan politique, le scrutin a été largement favorable au Parti démocrate du président Lee, qui a remporté 12 des 16 grandes courses municipales et provinciales. Mais cette victoire est ternie par la polémique autour des bulletins manquants. À Séoul, l’opposition conservatrice a conservé la mairie, avec la réélection d’Oh Se-hoon, figure du Parti du pouvoir du peuple.
L’opposition ne parle pas officiellement d’un nouveau vote national, mais elle réclame des investigations poussées. Son chef, Jang Dong-hyeok, a évoqué des pénuries disproportionnées dans des zones plutôt favorables aux conservateurs et proposé un audit conjoint avec le Parti démocrate.
La Commission électorale, elle, a rejeté l’idée d’un nouveau scrutin, estimant que les incidents ne constituaient pas une raison légale suffisante pour prolonger le vote ou organiser une reprise générale. Mais dans un pays où la confiance dans les institutions électorales reste un enjeu majeur, l’affaire pourrait continuer à nourrir les tensions politiques dans les prochains jours.


