Kenya : l’inflation repart sous l’effet de la hausse des carburants
L’inflation kényane a grimpé à 6,7 % en mai, contre 5,6 % en avril, portée par la flambée des prix des carburants. Cette hausse pèse déjà sur les transports, les ménages et l’activité économique, dans un pays très exposé aux tensions énergétiques venues du Moyen-Orient.

Le Kenya fait face à une nouvelle poussée inflationniste. En mai, l’inflation annuelle est montée à 6,7 %, contre 5,6 % le mois précédent, selon les données du bureau national des statistiques reprises par Reuters. Il s’agit de la deuxième hausse mensuelle consécutive, principalement liée à l’augmentation des prix des carburants.
Cette accélération intervient après plusieurs relèvements des prix à la pompe. Pour la période du 15 mai au 14 juin, l’Autorité kényane de régulation de l’énergie et du pétrole a fixé le prix du super carburant à 214,25 shillings kényans le litre à Nairobi. Le diesel a également fortement augmenté, atteignant 242,92 shillings selon les données relayées par Reuters et des médias économiques locaux.
Les transports et les ménages sous pression
La hausse du carburant touche directement les transports, un secteur central dans le quotidien des Kényans. Quand les prix à la pompe augmentent, les coûts des matatus, des bus, des taxis, des livraisons et du transport de marchandises suivent rapidement. Cette pression finit par se répercuter sur les prix des produits alimentaires et des biens de première nécessité.
Mi-mai, les hausses de carburants avaient déjà provoqué des manifestations et une grève dans le secteur des transports, avec de fortes perturbations à Nairobi et Mombasa. Quatre personnes avaient été tuées et plusieurs dizaines blessées lors de ces protestations, selon les autorités kényanes citées par Reuters.
L’économie ralentit aussi
La hausse des prix commence également à peser sur l’activité. L’indice PMI Stanbic Bank Kenya est tombé à 46,6 en mai, contre 49,4 en avril, signalant une contraction du secteur privé pour le troisième mois consécutif. Les entreprises interrogées évoquent une demande affaiblie, des coûts plus élevés et un recul des nouvelles commandes.
La situation montre la vulnérabilité du Kenya aux chocs énergétiques internationaux. Le pays dépend fortement des importations de carburants, et les tensions au Moyen-Orient ont renchéri les coûts d’approvisionnement. En avril déjà, l’EPRA avait justifié une forte hausse des prix par l’augmentation du coût des produits pétroliers importés.
Pour le gouvernement kényan, le défi est désormais double : contenir la colère sociale liée au coût de la vie, tout en évitant que la hausse des carburants ne freine davantage l’économie. Dans les prochains mois, l’évolution des prix de l’énergie sera donc décisive pour les ménages, les transporteurs et les entreprises.


