Ebola en Afrique centrale : un plan d’urgence de 518 millions de dollars pour freiner l’épidémie
L’OMS et Africa CDC lancent un plan de 518 millions de dollars pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en RDC et dans les pays voisins, alors que la maladie continue de se propager rapidement et de faire de nombreuses victimes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont annoncé un plan conjoint d’un montant de 518 millions de dollars destiné à contenir l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que plusieurs pays voisins.
Selon les derniers chiffres communiqués par l’OMS, 381 cas ont été confirmés en RDC, dont 64 décès. L’Ouganda fait également face à la propagation du virus, avec 16 cas confirmés et un décès. Lors d’un point presse tenu ce vendredi 5 juin, le directeur général de l’OMS a qualifié la situation de préoccupante, une analyse partagée par son homologue d’Africa CDC, qui estime que cette flambée est « plus importante que les deux épidémies précédentes ».
Tedros Adhanom Ghebreyesus a insisté sur la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée, soulignant que « nous pouvons la maîtriser si nous travaillons ensemble et vite ». Le plan mis en place cible plusieurs axes prioritaires : coordination des urgences sanitaires, renforcement de la surveillance, capacités de laboratoire, prévention et contrôle des infections, prise en charge clinique et mobilisation communautaire.
Une propagation accélérée aggravée par l’insécurité et la mobilité des populations
Sur le terrain, plus de 200 tonnes de matériel ont déjà été acheminées afin d’accélérer notamment les opérations de dépistage. Malgré cela, les autorités sanitaires alertent sur une évolution rapide de la maladie. Le directeur d’Africa CDC, Jean Kaseya, souligne que les défis restent considérables, en particulier l’insécurité dans certaines zones touchées. Il indique avoir été empêché d’accéder à certaines localités de l’Ituri en raison de risques jugés trop élevés.
La situation est d’autant plus complexe que cette région est marquée par une forte densité de population et une importante activité minière, favorisant les déplacements fréquents des habitants. Cette mobilité constitue un facteur majeur d’accélération de la transmission. L’épicentre de l’épidémie reste l’Ituri, où se concentrent environ 90 % des cas et 76 % des décès, faisant de cette flambée la plus grave enregistrée dans le pays selon les autorités sanitaires.
À ces difficultés s’ajoute une méfiance persistante au sein de certaines communautés, où l’existence même de la maladie est parfois contestée. Initialement limitée à trois zones de santé dans une seule province, l’épidémie s’est désormais étendue à 26 zones de santé réparties sur trois provinces en l’espace de trois semaines, illustrant la rapidité de sa progression.


