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Arménie : Pachinian vise une victoire décisive après la perte du Haut-Karabakh

À la veille des législatives du 7 juin, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian espère confirmer son virage vers la paix avec l’Azerbaïdjan et une orientation pro-occidentale, malgré les critiques liées à la perte du Haut-Karabakh en 2023.

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Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s'agenouille devant ses partisans venus le soutenir pour son dernier meeting de campagne dans le cadre des élections législatives, le 5 juin 2026 à Erevan.
Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s'agenouille devant ses partisans venus le soutenir pour son dernier meeting de campagne dans le cadre des élections législatives, le 5 juin 2026 à Erevan.KAREN MINASYAN / AFP

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, arrivé au pouvoir à la faveur de la « révolution de velours » de 2018, espère remporter les élections législatives de ce dimanche 7 juin. Il s’agit du premier scrutin depuis la perte du Haut-Karabakh en 2023, un revers historique qui a profondément marqué le pays. Le dirigeant mise désormais sur une ligne politique assumée : tourner la page du conflit avec l’Azerbaïdjan et ouvrir une nouvelle phase de stabilité régionale.

Sur la place de la République, à Erevan, une forêt de drapeaux arméniens accompagne son ultime meeting de campagne. Devant ses partisans, Nikol Pachinian a lancé un appel solennel : « Cette révolution que nous avons menée pour nos enfants, son destin est entre vos mains ! Entre les mains de chacun d’entre vous ! »

Entre soutien populaire et volonté de rupture géopolitique

Huit ans après la révolution de 2018, l’enthousiasme initial s’est atténué, mais une partie de la population continue de soutenir le Premier ministre. Un ancien chauffeur routier brandit ainsi une photo de lui, conservée dans son portefeuille, saluant un dirigeant qu’il juge « intelligent » et « honnête », et dont il vante les réalisations sociales, des infrastructures scolaires aux augmentations de retraites.

Dans la foule, Ninette, commerçante à Erevan, défend également sa ligne politique, notamment son ouverture vers une normalisation avec l’Azerbaïdjan et une prise de distance avec Moscou. « Nous n’avons pas besoin de Moscou. La Russie veut tout contrôler, mais nous avons fait notre révolution pour être indépendants, pas pour être sous leur tutelle », affirme-t-elle.

Une victoire électorale permettrait à Nikol Pachinian de confirmer ce double repositionnement stratégique, entre paix régionale et orientation plus occidentale. Ses opposants, eux, dénoncent la perte du Haut-Karabakh et alertent sur les risques économiques et politiques d’une rupture trop brutale avec la Russie.