
Tanzanie–Russie : Samia Suluhu Hassan scelle un rapprochement historique à Moscou
La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a effectué une visite historique en Russie, la première depuis 1969, scellant de nouveaux accords économiques et technologiques avec Vladimir Poutine.

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a achevé ce vendredi 5 juin une visite officielle de trois jours en Russie, la première d’un chef d’État tanzanien à Moscou depuis la venue de Julius Nyerere en 1969. Ce déplacement, qualifié d’historique, s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre Dar es Salaam et Moscou. Il a été marqué par une rencontre avec le président Vladimir Poutine, des appels à intensifier les échanges économiques bilatéraux, ainsi que la signature de plusieurs accords dans les domaines de l’enseignement supérieur et des nouvelles technologies.
Pour sa première visite à l’étranger depuis son élection contestée en octobre dernier, la dirigeante tanzanienne a choisi la Russie, un geste salué par Vladimir Poutine comme un « signal très positif » pour les relations entre les deux pays. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’agriculture, les mines, ainsi que le transport maritime entre les ports de Novorossiïsk et de Dar es Salaam.
Coopération renforcée et ambitions économiques affichées
Parmi les annonces concrètes issues de cette visite, la présidente a indiqué que la compagnie nationale Air Tanzania lancera des vols directs entre Dar es Salaam, Moscou et Zanzibar, avec un premier vol prévu le 2 juillet. Elle a également affiché l’ambition d’accroître fortement le tourisme russe en Tanzanie, visant 500 000 visiteurs d’ici 2030, puis un million dans les années suivantes.
Samia Suluhu Hassan a par ailleurs exprimé sa gratitude envers la Russie, héritière de l’Union soviétique, pour son soutien historique aux mouvements africains de libération. Ce message a été réitéré lors de son passage à l’université russe RUDN, anciennement Université Patrice Lumumba, où elle a défendu une vision du développement centrée sur l’éducation, la science et l’innovation.
À cette occasion, la présidente tanzanienne a reçu une distinction honorifique saluant sa contribution au rayonnement de son pays. Dans son discours, elle a souligné que cette reconnaissance revenait avant tout « au peuple tanzanien », rappelant que le leadership devait être « au service des autres et non de nous-mêmes ». Une déclaration prononcée dans un contexte où plusieurs partenaires occidentaux continuent d’exprimer des préoccupations concernant la situation démocratique en Tanzanie.
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