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Maroc : le déficit commercial s’aggrave sous le poids de l’énergie

Le déficit commercial du Maroc s’est creusé de 18,4 % à fin avril 2026, selon les chiffres provisoires de l’Office des changes. Si les exportations progressent, elles restent insuffisantes pour compenser la hausse plus rapide des importations, portée notamment par l’énergie, les biens d’équipement et les produits de consommation.

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Le déficit commercial du Maroc
Le déficit commercial du MarocIMAGE D'ILLUSTRATIONS

Le commerce extérieur marocain commence l’année sous pression. À fin avril 2026, le déficit commercial du Royaume a atteint 127,04 milliards de dirhams, contre 107,28 milliards de dirhams à la même période un an plus tôt. Cela représente une aggravation de 18,4 %, selon les données provisoires publiées par l’Office des changes.

Ce creusement s’explique d’abord par un écart persistant entre les importations et les exportations. Les importations de biens ont progressé de 12,7 %, à 295,90 milliards de dirhams, tandis que les exportations ont augmenté de 8,7 %, à 168,85 milliards de dirhams. Le taux de couverture, qui mesure la part des importations financée par les exportations, recule ainsi de deux points, à 57,1 %.

L’énergie alourdit la facture

La facture énergétique joue un rôle important dans cette détérioration. Les importations d’énergie et lubrifiants ont atteint 41,78 milliards de dirhams à fin avril, en hausse de 12 % sur un an. Cette progression est principalement liée aux achats de gas-oils et fuel-oils, en hausse de 23,5 %, ainsi qu’aux huiles de pétrole et lubrifiants, en hausse de 37,4 %.

Mais l’énergie n’est pas le seul facteur. Les importations de produits finis d’équipement ont bondi de 21,8 %, tirées notamment par les achats d’avions, de véhicules utilitaires et de pièces aéronautiques. Les produits finis de consommation progressent aussi de 15,2 %, portés par les pièces automobiles, les voitures de tourisme et les médicaments.

Cette combinaison montre que le déficit marocain ne dépend pas seulement des hydrocarbures. Il reflète aussi une économie qui importe massivement pour soutenir son industrie, son équipement, sa consommation et ses grands projets.

Les exportations progressent, mais pas assez vite

Côté exportations, certains secteurs résistent bien. L’automobile reste le premier moteur, avec des ventes en hausse de 18,6 %, à 58,28 milliards de dirhams. L’aéronautique progresse également de 15,9 %, confirmant le poids croissant de ces filières industrielles dans l’économie marocaine.

Mais d’autres secteurs freinent la dynamique. Les phosphates et dérivés reculent de 1,5 %, tandis que le textile et cuir baisse de 6,7 %. Ces contre-performances limitent la capacité des exportations à compenser la poussée des importations.

Le Maroc dispose toutefois de relais importants hors commerce de biens. Les recettes voyages ont progressé de 21,2 %, à 44,39 milliards de dirhams, et les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont augmenté de 9,8 %, à près de 40 milliards de dirhams. Ces flux contribuent à amortir le choc extérieur, mais ils ne suffisent pas à effacer le déséquilibre structurel des échanges de marchandises.

La situation pose donc une question de fond : le Maroc peut-il maintenir une stratégie de croissance industrielle ambitieuse sans voir son déficit commercial se creuser davantage ? Tant que les exportations progressent moins vite que les importations, chaque hausse de la facture énergétique ou des achats d’équipement pèsera lourdement sur la balance commerciale.