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Arménie : six candidats de l’opposition pro-russe arrêtés à la veille des législatives

À quelques heures d’un scrutin décisif pour l’avenir politique de l’Arménie, six candidats du parti Arménie Forte ont été arrêtés par les autorités. Une opération judiciaire qui risque de raviver les accusations d’autoritarisme visant le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, déjà contesté par une partie de l’opposition.

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Des partisans du magnat russo-arménien Samvel Karapetyan, à l'écran, participent à un rassemblement avec des drapeaux nationaux arméniens contre le Premier ministre sortant Nikol Pashinian sur la place de la République, à Erevan, en Arménie, le mercredi 3 juin 2026.
Des partisans du magnat russo-arménien Samvel Karapetyan, à l'écran, participent à un rassemblement avec des drapeaux nationaux arméniens contre le Premier ministre sortant Nikol Pashinian sur la place de la République, à Erevan, en Arménie, le mercredi 3 juin 2026.AP PHOTO/ANTHONY PIZZOFERRATO - ANTHONY PIZZOFERRATO

La tension monte en Arménie à la veille des élections législatives. Six candidats du parti Arménie Forte, une formation d’opposition considérée comme favorable au maintien de relations étroites avec Moscou, ont été arrêtés par les autorités arméniennes.

Selon les premières informations disponibles, ils sont accusés de blanchiment d’argent, des faits passibles de plusieurs années de prison. Ces arrestations interviennent dans un climat politique particulièrement tendu, alors que le scrutin de dimanche est présenté comme l’un des plus importants pour l’orientation future du pays.

Le parti Arménie Forte figurait, selon plusieurs sondages, en deuxième position derrière le Contrat Civil, la formation du Premier ministre sortant Nikol Pachinian. Même s’il ne semblait pas en mesure de remporter seul les élections, le mouvement pouvait jouer un rôle important en cas de recul du camp au pouvoir.

Une opposition déjà sous pression

Ces arrestations ne tombent pas dans un vide politique. Arménie Forte est depuis plusieurs mois dans le viseur des autorités. Son dirigeant, Samvel Karapetyan, est lui-même assigné à résidence. Il est accusé d’incitation au renversement du pouvoir, des accusations qu’il rejette fermement, estimant être victime d’une procédure à motivation politique.

Homme d’affaires ayant bâti une partie de sa fortune en Russie, Samvel Karapetyan défend une ligne favorable à de bonnes relations avec Moscou. Son parti est crédité de 6 à 11 % des voix, un score insuffisant pour prétendre à la victoire, mais potentiellement déterminant dans la formation d’alliances post-électorales.

En cas de mauvais résultat du Contrat Civil de Nikol Pachinian, Arménie Forte pourrait en effet chercher à s’entendre avec d’autres partis favorables à la Russie. C’est précisément cette perspective qui rend ces arrestations politiquement sensibles.

Un scrutin sous haute surveillance

Pour l’opposition, cette nouvelle opération judiciaire risque de confirmer une accusation formulée depuis des mois : le pouvoir utiliserait les institutions et la justice pour affaiblir ses adversaires avant les élections. Le gouvernement, lui, devrait défendre l’idée d’une procédure indépendante liée à des faits financiers.

Mais à la veille du vote, le calendrier interroge. Dans une Arménie encore marquée par les fractures nées des crises régionales, de la question du Haut-Karabakh et du repositionnement diplomatique du pays entre la Russie et l’Occident, ces législatives dépassent largement le cadre d’une compétition électorale ordinaire.

Le scrutin doit dire si Nikol Pachinian conserve la confiance d’une majorité d’Arméniens ou si l’opposition parvient à capitaliser sur les inquiétudes d’une partie de la population. Les arrestations de six candidats d’Arménie Forte ajoutent désormais un nouvel élément de crispation à une campagne déjà tendue.

Pour le pouvoir arménien, l’enjeu sera aussi de convaincre que ces procédures relèvent du droit commun. Pour l’opposition, elles nourrissent au contraire le récit d’un durcissement politique à la veille d’un vote crucial.