De 1934 à 2026 : l’incroyable montée en puissance de l’Afrique au Mondial
Pour la première fois, l’Afrique comptera dix équipes à la Coupe du monde 2026. Retour sur l’évolution des quotas africains, des débuts de l’Égypte en 1934 aux récentes réformes de la FIFA.

Pour la première fois de son histoire, le continent africain sera représenté par dix nations lors d’une Coupe du monde. Un tournant majeur qui marque l’aboutissement d’une longue évolution, entamée en 1934 avec la première participation de l’Égypte et qui s’étend désormais jusqu’à l’arrivée de nouveaux venus comme le Cap-Vert pour l’édition 2026. Cette progression du nombre de places africaines ne s’est pas seulement jouée sur les terrains, mais aussi dans les négociations politiques et institutionnelles du football mondial.
Longtemps marginalisé dans un tournoi dominé par l’Europe et l’Amérique du Sud, le continent n’a disposé que d’une représentation sporadique durant plusieurs décennies. Il faut attendre 1970 pour revoir une nation africaine au Mondial, puis 1982 pour obtenir un second ticket. À partir de là, la dynamique s’enclenche progressivement, jusqu’à une première avancée significative en 1994 avec trois représentants, avant un basculement décisif en 1998, lorsque la FIFA accorde cinq places à l’Afrique à la suite d’une intense mobilisation diplomatique menée par la Confédération africaine de football.
De la conquête des quotas à l’ambition mondiale
Depuis cette stabilisation à cinq participants, la présence africaine s’est enracinée, portée aussi par l’édition 2010 disputée en Afrique du Sud, première Coupe du monde organisée sur le continent, qui avait offert un sixième billet symbolique au pays hôte. Mais c’est surtout la réforme du format de la compétition, portée par la FIFA dans les années 2020, qui a ouvert une nouvelle ère.
L’élargissement du tournoi à 48 équipes a permis à l’Afrique de doubler quasiment sa représentation, avec neuf à dix places à partir de 2026 selon les barrages intercontinentaux. Une évolution qui suscite de grands espoirs, notamment pour des sélections régulières comme le Maroc, le Sénégal, le Nigeria ou le Cameroun, désormais candidates déclarées à des parcours plus longs dans la compétition.
« C’est la première fois dans l’histoire de cette compétition que l’Afrique compte dix représentants », souligne le président de la CAF, Patrice Motsepe, qui y voit la confirmation de la montée en puissance du football africain sur la scène mondiale. Une ambition assumée, allant jusqu’à l’idée qu’un jour, une nation africaine puisse soulever le trophée.
Mais l’histoire rappelle aussi la difficulté du chemin restant : malgré cette montée en puissance, seules quatre nations du continent ont atteint les quarts de finale, et une seule — le Maroc en 2022 — a franchi le cap des demi-finales. Une preuve que, si les portes s’ouvrent davantage, le défi du très haut niveau mondial demeure entier.


